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688 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

iiquc du Mercure de France, défilèrent rue Henner, dans cette petite salle à manger encombrée de ses meubles bretons qui le faisaient rigoler, autour de cette table bourgeoise en noyer ciré sur laquelle M. Louis de Gon- zague Frick, sanglé dans un raglan autant que dans une capote hongroise, monocle, ganté de blunc et le tube à la main, vint poser une pomme mûre, tous les matins, deux mois durant.

Les peintres suivirent Guillaume à Passy, rue Gros, d'abord, et rue La Fontaine, ensuite, et puis boulevard Saint-Germain. Même leur nombre s'augmentait. L'ar- deur que dépensait Guillaume à leur défense n'était pas du goût de tous ses amis. Si l'exquis René Dalize avait un faible pour Apollinaire et sa Muse par le Douanier Rousseau, et sur quoi l'on a tout dit, il estimait médio- crement les cubistes. Prié aux noces du peintre Gleizes, Guillaume, en retard ainsi qu'à l'habitude, se mettait en quête d'un fiacre.

— J'espère, dit René Dalize, que tu vas prendre un fiacre aux roues carrées !

Lorsque Guillaume Apollinaire fit, en^la salle de la rue de l'Orient, représenter les ManicUcs de Tirésias ', ce qui n'alla pas sans quelque tapage, bon nombre des pein- tres en faveur de qui mon ami s'était compromis, dédai-

��I . Apollinaire a fondu dans Les Mamelles deux parades (notam- ment la scène du gendarme) dont il nous fit lecture à VOdc'ou, au dessert. Les deux pièces devaient être publiées sous ce titre unique : Théâtre de GuiUauwe Apollinaire. Le même soir, Apollinaire nous a lu Le Giin-Gim-Gim des Capussius, jamais édité et qui, dans la suite, a constitué le chapitre du Polte Assassiné intitulé Dramaturgie, mais sensiblement remanié.

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