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NOTES 639

souvent c'est dans la tradition populaire qu'ils sont ailes chercher la matière qu'ils ont élaborée. C'est le cas de Boccace et c'est celui de l'Arioste.

Cet individualisme littéraire e*st d'autant plus curieux à souligner que l'histoire des arts plastiques en Italie n'est qu'une chaîne ininterrompue d'écoles. Raphaël sort de Péru- gin, et Sodoma du \'inci. Mais Dante, Pétrarque, Boccace ont, des fondements au toit, bâti leur œuvre seuls, l'ont seuls aménagée et meublée. Ils créèrent et épuisèrent à eux seuls leur « manière ». Aucun ne laissa à glaner après lui dans son champ ' .

On ne suit jamais en Italie à travers un grand nombre d'individualités de mérite inégal l'éclosion, puis l'évolution d'un genre. Hardy, Rotrou, Corneille, Racine, Voltair», Crébillon,Ducis, la naissance, l'apogée et la mort delà tragé- die classique, ou encore l'effort concerté des hommes de la Pléiade ou du Symbolisme n'ont pas de pendants en Itixlie.

Plus riche peut-être en génies littéraires que les autres pays d'Europe, l'Italie a toujours été singulièrement plus pauvre en talents.

Nous sommes depuis quinze ans assez volontiers sévères envers nos romantiques. L'Italie n'a pas eu de véritable romantisme, et l'on peut se demander si ce n'est pas à cela qu'elle doit sa stérilité actuelle. Le romantisme italien, celui d'un Manzoni et de ses disciples, n'a pas, comme ailleurs, renouvelé le lyrisme et libéré les moyens d'expression. Il s'est borné à un rôle de propagande nationale et populaire et n'a eu aucun vrai lyrique à son service. Les grands lyriques italiens du xix"^ siècle — Leopardi, Foscolo, Carducci — ont tous été par malheur des classiques. Les romantiques de nom ont jeté bas l'apprêt et la pompe académique, mais pour aboutir à des vers de mirliton.

I. Le pétrarquisme n'est qu'une exception apparente. Aucun pétrarquiste n'a rien ajouté à Pétrarque.

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