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NOTES . 625.

que la Renaissance n'ait violée. Les peintres du xvi= siècle \écurent sur un schisme ; ils firent d'une technique « tout au rebours de l'ancienne » le sujet de mille émerveillements nouveaux. Le moment est venu de constater à notre tour l'épuisement de leurs formules. L'Kcole couronne les productions misérables d'un Jean Gabriel Domergue ; MM. Emile Bernard et Armand Point, cultivés autant qu'on peut l'être, d'une pureté d'intentions absolue, et détenteurs des secrets contenus en cette partie des musées choisie par nos critiques, n'arrivent même plus à intéresser les amateurs de taux tableaux. C'est à ces signes de décrépitude qu'on reconnaît la fin d'une période historique et l'imminence d'une Révolution.

Je sais que nous ne pouvons eflectuer la nôtre par-dcssns la Renaissance, et c'est en ceci que je dilTcre d'opinion avec mon ami Gleizes, partisan d'un retour pur et simple à l'idéal gothique, voire bvicantin. Ce programme serait sans doute excessif. Une civilisation ne se débarrasse pas aussi rapide- ment, aussi légèrement des habitudes acquises. L'oubli total des beautés de la Renaissance serait un sacrifice cruel autant qu'inefficace. On ne peut brûler complètement ce que l'on a si longtemps adoré. Un détachement spontané n'indiquerait qu'une grande sécheresse de cœur. Ces obstacles tout senti- mentaux que \L Gleizes dénonce comme seules entraves à notre libération entière, ces tergiversations, ces remords, ces craintes, cette pudeur, sont autant de ferments qui don- neront à nos oeuvres le baptême de l'inquiétude et les dote- ront d'une âme et d'un mystère. Le but idéal sera atteint ; la simplicité des primitifs sera retrouvée, mais à travers la Renaissance, dont quelque chose demeure malgré tout dans notre œil et dans nos doigts : une façon déliée et rapide de travailler, un goût de la chair, et puisqu'il faut tout avouer quelque scepticisme et un certain manque d'humilité.

Mais pourquoi chercher une formule souple et complexe

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