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6î4 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

cette époque on distingue un arrière-goût de vagabondage démoniaque. D'autres points vaudraient la peine d'être élu- cidés : archaïsme spécial du roman policier ; les fiacres de Monsieur Lccoq et l'auto de Pearl White. M. Pierre Mac- Orlan n'a retenu du sujet que les points de contact avec sa propre sensibilité. En ce sens, son manuel est une manière de confession. La pratique de ce genre littéraire réserve à l'écrivain des joies particulières. M. Pierre Mac-Orlan prend plaisir à démonter sous nos yeux, avec une ironique simpli- cité, les rouages de son invention romanesque. Mais le rusé prestidigitateur garde, dans son imagination de conteur- poète, le secret d'animer le mécanisme.

��ROGER ALLARD

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��LE PENDU DÉPENDU, de Henri Ghcon, au Théâtre Balzac.

Le nouveau théâtre de la rue Fontaine a donné pour premier spectacle une farce tirée par Henri Ghéon de la Légende des Saints. La pente naturelle de ses préoccupa- tions portait Ghéon à reprendre les traditions du théâtre religieux abandonnées chez nous depuis le Moyen-Age : j'entends qu'il n'aspirait pas simplement à écrire des pièces dont le sujet fût religieux — ce qu'à aucune époque on n'a cessé de faire — mais qu'il se rattachait délibérément, par une attitude d'esprit plus que par des analogies formelles, à nos anciens mystères. On a pu lire ici-même et dans diverses revues des fragments du Mystère de Sainte Cécile, trilogie lyrique et séraphique, dont les pures et souples lignes, les vers fluides et ardents forment comme un écho de certains choeurs de Racine et de certaines strophes à'Eloa. Dans le Pauvre sous l'Escalier, tragi-comédie sacrée tirée de la vie de Saint Alexis et que le Vieux-Colombier doit monter la saison prochaine, on trouvera, alternant avec des scènes

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