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NOTES 60^

fait jamais de dupes, car il est bien entendu que ce qui appar- tient à l'imagination reste la propriété de l'auteur. La sym- pathie ne va pas au ruffian habillé de rose, elle va à celui qui lui donna, avec ce costume, l'occasion de faire figure dans un livre, honorablement. Enfin dans le livre de Salmon, il y a un allemand : Karl Darneting qui, à lui seul, est un élément important de mystère.

Les personnages de nationalité allemande se retrouvent dans plusieurs livres d'Apollinaire, dans Indice ^^, d'Alexandre Arnoux, etc.. Pour beaucoup d'écrivains de notre généra- tion, l'Allemand représente le point mystérieux dont l'aven- ture va partir. L'auteur se tient devant l'Allemand créé par lui, comme le chien d'arrêt devant les herbes oii les perdrix sont rassemblées. Les romantiques furent influencés par les- vieux conteurs allemands qu'ils assimilaient trop rapidement. Les contes de Museus et d'Achim d'Arnim fournirent des- thèmes infinis aux amateurs de rêves et de pipes à la fumée loquace. Aujourd'hui que nous le connaissons mieux, l'Alle- mand demeure plus mystérieux encore. Karl Darneting, dépouillé de l'uniforme feldgrau, est un personnage impor- tant pour les livres où notre race jouera sa chance, dans l'avenir. C'est le héros indéfinissable d'un grand roman d'in- quiétude dont André Salmon écrira les pages.

��PIERRE MAC-ORLAK.

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��UNE AMITIÉ, par Pierre Lièvre (la Renaissance du. Livre).

Ce sont des entretiens sur le devoir, la discipline, l'auto- rité, la liberté, la mort et le courage et autres sujets du même ordre. Ces controverses courtoises ont pour cadre la vie menacée sinon taciturne d'une escadrille de réglage^ vers le milieu de la guerre. Il faudrait n'avoir jamais

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