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NOTES 60 1

colonies, une prohibition de sortie totale et sévèrement maintenue pour tout ce que le marché intérieur est à même d'absorber, enfin de très sévères restrictions mises à l'entrée et à la résidence des étrangers, permettraient à la France de ne plus dépendre que d'elle-même. Il n'en est pas de même pour la Grande-Bretagne. L'Angleterre est une île. Du dehors, nous en sentons tous les avantages. Du dedans ils en voient tous les inconvénients. « La Grande-Bretaiine, dit Norman Angell, ne peut entretenir sa population que grâce au commerce avec ses ennemis commerciaux ; ainsi l'on peut mesurer combien la restauration do la Grande-Bretagne ser;iit handicapée par la perte de marchés tels que ceux de l'Europe Centrale et Sud-Orientale ». Comme on ne peut « traire la vache et l'égorger », il faut permettre à l'Europe de vivre.

C'est toujours le même procès de la politique de Ver- sailles. Nous ne nierons pas à Norman Angell son droit à la critique, encore qu'il y fasse montre de bien moins de valeur que Keynes ; son livre est mal ordonné, souvent excessif' et insuffisamment documenté ^. On peut regretter seulement de ne jamais trouver chez ces auteurs qui prennent soin de se dire francophiles, un mot de sympathie pour la France, un geste d'admiration pour son passé, de foi en ses desti- nées, geste qui devrait leur venir dviutant plus spontané- ment que leurs critiques de la politique du moment sont plus vives.

p. M.

1. « A Budapest les souffrances sont terribles », affirme l'auteur. Qu'on permette à quelqu'un qui était en Hongrie il y a un mois de relever l'inexactitude de cette assertion.

2. A plusieurs reprises, Norman Angell excuse l'Allemagne ■de ne pas livrer de charbon « faute de moyens de transports, la France lui ayant pris à l'armistice sou matériel roulant ». Ce n'est

.pas un argument sérieux .

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