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LES PINCEXGRAIN 579

Godeau l'avait relevée. Sans doute elle se disait qu'ils avaient épuisé, elle et Godeau, tous les thèmes de la religion et de la morale, dans leurs interminables cause- ries. Il lui parlerait maintenant de ses plaisirs. Elle y trouverait de l'imprévu, après ceux de Godichon. Mais aux lumières anciennes de Godeau, elle se reprochait cette perversité possible.

Prisca fronçait le sourcil devant l'apostat et profitait du mauvais exemple.

Véronique songeait : « Ses péchés ne vont-ils pas le rapprocher de moi, si sa perfection l'en éloignait. Il va me croire trop triste. Je vais faire entrer l'excentrique dans ma discrétion. Il sera séduit. »

Eliane priait pour Godeau.

��IV

��Madame Pincengrain ne croit plus au désintéresse- ment de personne. Elle se remémore avec amertume tous les repas que Godeau a pris chez Godichon. Elle se rappelle qu'il montait quatre étages chaque matin pour lui soutirer un bol de lait.

Madame Pincengrain ne veut plus croire au désinté- ressement de personne. Quand Godeau prend des confi- tures, elle enlève le fromage. Il n'y avait que Godichon pour être désintéressé. Godeau a trop d'esprit pour l'avoir été jamais.

Le jour où Eliane devait entrer au couvent arriva. Godeau était debout près de la porte de l'appartement. Madame Pincengrain prenait son bras. Prisca et Véronique suivaient Eliane dont on avait lavé les cheveux. Cette

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