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5)2 LA XOUVELLE REVUE FRANÇAISE

vient, pour que je pense mieux à mère. Quelqu'un venait. Je ne le connaissais pas, et puis je l'ai reconnu. C'était père. Il a voulu m'embrasser. Je lui ai dit « non » et je me suis mis à courir jusqu'ici. Jamais plus je n'irai à l'oseraie. »

Alors Maman Lecœur lui fait un reproche : « Il fallait tout de même l'embrasser. Il va croire que c'est moi qui ne veux pas...

— Si j'avais su, répond Robert, je lui aurais dit que c'était moi tout seul qui ne voulais pas. »

XVII

Un dimanche matin. Maman Lecœur revient de l'église : elle trouve petit Robert en chemise de nuit dans la mansarde. Il a étendu sur ses genoux un grand sabre rouillé qu'il frotte avec du papier de verre et le coin de 5a descente de lit.

Il tousse plus que jamais, demande une enveloppe pour écrire à « tite Véronique ». Maman Lecœur lui aban- donne un ruban de parchemin. Elle regarde plus tard, quand la fièvre augmente, ce qu'il a écrit.

— « Tite Véronique, tout ce matin j'ai fourbi le sabre ■de papa Lecœur pour tuer la Gerboise, quand je serai grand. »

Il délire.

Maman Lecœur envoie chercher Sœur Ephrem, Dès que Sœur Ephrem est entrée, Robert pleure davan- tage. On ne sait pas pourquoi. C'est que lui seul a découvert et éprouve douloureusement en elle la res- semblance du père.

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