Ouvrir le menu principal
Cette page n’a pas encore été corrigée


LES PINXENGRAIN 547

Maman Lecœur voit les larmes de sa fille :

— « Ah ! tu le sais ? dit-elle, u le sais ? Le malheur est grand. Tout le monde en parle. Mais je t'avais^, Dieu merci ! prévenue et je suis innocente. Une femme, vois- tu, doit recommencer de séduire son mari tous les jours. Il faut supporter d'être la maîtresse ou qu'il y ait une maîtresse à côté de soi. »

Maman Lecœur ajoute presque bas :

— « Pincengrain est un homme supérieur. Il avait sans doute droit à un autre plaisia". Mais la Gerboise est vraiment moins que rien. Je suis humiliée pour lui, pour toi et pour moi. »

Clorinde ne comprend rien à ce que dit sa mère. Elle ne l'écoute pas non plus, grâces à Dieu ! Elle écoute son mari qui s'entretient avec une religieuse dans l'épi- cerie.

X

Sœur Ephrem est une virago habillée de noir et de blanc, presque un homme, qui serait un vieillard, comme Pincengrain ressemble à une vieille femme, jaunie, ridée, à la voix aigre.

Ils sont pareils, sauf que l'une est religieuse, l'autre candidat anticlérical : contraste apparent qui efface la ressemblance de deux natures également antipathiques. Ils se disputent sans cesse pour leurs idées, mais aiment réciproquement leurs caractères. Si Sœur Ephrem avait été mariée avec Monsieur Pincengrain, elle n'eût pas conservé sa religion, et si Monsieur Pincengrain avait épousé Sœur Ephrem, il n'eût pas été candidat anticlé- rical : Monsieur Pincengrain eût été toute la religion de

�� �