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LES PINCENGRAIX 543

à laver... S'il n'était pas mort, je ne laverais pas le linge des autres. »

V

Monsieur Pincengrain seul, sur le mail des acacias : — « Ma belle-mère est admirable. Quelle mairesse elle eût jouée ! Clorinde est par trop insuffisante. Elle s'habille de pilou et méprise la politique. Elle m'aime ; elle aime ses enfants ; c'est tout. La Gerboise a moins l'air d'une paysanne et d'une servante qu'elle. Son visage n'est pas replet ni ses cheveux bêtement noués et blonds.

Pourquoi la Gerboise me regarde-t-elle avec de grands veux de vache ? »

��VI

��Monsieur Pincengrain a du médecin de village et du croque-mort. On le rabaisserait ou relèverait un peu trop en le comparant exclusivement à l'un ou à l'autre. Il a presque autant de dignité que le premier, presque plus de tristesse macabre que le second, les ridicules de tous les deux. Sa redingote noire, prétentieuse pour un épicier, conviendrait parfaitement au docteur, si ses mains calleuses et couleur de terre malgré la pâleur et le soin, ne disaient qu'on s'occupe surtout de besognes serviles. Le visage osseux sent le squelette. L'âme se complaît dans l'aridité et la maigreur.

Comme il s'avance dans le chemin, la Gerboise cause sur le pas de sa porte avec la charcutière « d'en face » :

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