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NOTE SUR MÉRIMÉE PORTRAITISTE 501


« Tout ce qui n’est pas une forme physique, minutieusement vue par une vue de visionnaire, est pour lui non achevé, vague.

» Il écrit d’une manière extraordinaire, avec un premier jet incomplet, maladif, mettant des carrés, des losanges, un mot en vedette, un bout de phrase, attendant que le chant vienne, reposant, revenant avec un. labeur énorme et insensé… »


Il ne saurait être question d’aborder un seul des nombreux et passionnants problèmes que ces textes soulèvent ; il ne s’agit ici de Flaubert et de Taine que par rapport à Mérimée : en regard de ces notes de Taine dans lesquelles la pensée est si honnêtement pesée, je ne mettrai pas les passages des Lettres à une Inconnue qui ont trait à Salammbô : l’irritation qui s’y fait jour et qui n’est rendue que plus vive par la nécessité où se trouve Mérimée de reconnaître que l’auteur « a du talent », engendre une injustice qui n’est plus guère que de la légèreté.

Mais puisqu’en réalité c’est une conception générale qui est en jeu, dans laquelle le cas de Flaubert n’intervient, pour Taine comme pour Mérimée, qu’à titre de réactif, relisons plutôt dans la notice de Mérimée publiée en 1855 en tête des œuvres complètes de Stendhal cette page si symptomatique :

« Comme tous les critiques, Beyle luttait contre une difficulté probablement insoluble. Notre langue, ni aucune autre que je sache, ne peut décrire avec exactitude les qualités d’une œuvre d’art. Elle est assez riche pour distinguer les couleurs ; mais, entre les nuances