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478 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

être adoptés, cralemenl, par « les populations du Nord » ; leur forme aurait été profondément modifiée, ils se seraient incorporés d'abord au parler local, seraient devenus du patois ; enfin ils n'auraient pu entrer dans la langue française qu'après un long stage en province, au bout duquel ils seraient probablement devenus d'abord de l'argot parisien ; mais ils auraient couru tant de risques en route ! Non : la plupart des anglicismes de la guerre, — anglicismes de vocabulaire et de s^-ntaxe (surtout de S3'ntaxe), — sont venus par les journaux, par les com- muniqués traduits mot à mot, par les articles de pro- pagande importés d'outre-Manche, par les documents diplomatiques traduits à la hâte et sans soin ; et enfin, dans une assez faible mesure, par les conversations entre gens cultivés de nationalités différentes. De ces angli- cismes-là nous avons déjà dit un mot, l'an dernier, dans la Nouvelle Revue Françoise (Juillet 1919) : à notre avis, un certain nombre d'entre eux étaient d'anciens galli- cismes qui nous faisaient retour ; d'autres étaient de purs latinismes, parfaitement acceptables ' ; et quelques-uns en- core étaient si bien francisés qu'on ne pouvait que se féliciter de les voir s'agréger au vocabulaire ou à la syn- taxe française.

Il serait trop long d'examiner en détail le dictionnaire de M. E. Bonnaffé. Ce n'est pas que l'envie nous en manque, mais nous craignons d'abuser de la patience du lecteur. Voici toutefois quelques gloses à des mots qui, tandis que nous parcourions cet ou\Tage, ont attiré notre attention :

Cosy et cosy corner sont des anglicismes, à notre avis, de passage, des anglicismes de mode, qui ne tarderont

1. Du même type que « Evoluer, évolution », qui est nvlvere employé comme un verbe neutre.

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