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NOTES 467

agrément », « Musique tellement dissonante qu'elle perd toute signification » s'exclamèrent MM. Jean Poueigh, Alfred Bruneau et Paul Souday, tandis que M. Reynaldo Hahn, loin de se plaindre d'avoir eu l'oreille déchirée, reprochait au vocabulaire harmonique et orchestral de Malipiero d'être debussyste. « A aucun moment la musique ne donne à ces sept tableaux l'émotion qui pourrait seule les transfigurer », écrivait M. Adolphe Boschot, tandis que M. Banès, après un jugement sévère, avouait que « l'émotion vous étreint puis- samment aux belles scènes des Vêpres et du Retour » et que « les pages intéressantes ne manquent point ».

On éprouve un sentiment de malaise à lire les comptes- rendus publiés au lendemain de la première. Quelques cri- tiques enthousiastes signées de musiciens ou d'écrivains dont la jeunesse n'exclut pas, bien au contraire, la coln- pétence, le talent et l'indépendance et puis un flot d'asser- tions contradictoires, parfois franchement saugrenue», entremêlées de récriminations contre la direction de l'Opéra. On ne peut s'empêcher de penser : Mais à qui en veulent ces çrens là ?

Cette impression, beaucoup de ceux qui assistèrent à la première l'ont ressentie. Singulière représentation que celle-là ! Public d'abonnés, de spectateurs ayant payé leurs places pour ouir Rigoletlo et de critiques musicaux. Exé- cution franchement médiocre malgré les louables efforts du chef d'orchestre qui n'arriva pas à empêcher cer- tains instrumentistes de partir deux ou trois mesures trop tôt, ce qui ne s'était pas produit aux dernières répétitions. Mise en scène insuffisamment réglée donnant une impres- sion de travail hâtif et d'inachevé. Malgré tout, la musique de Malipiero dégageait une telle force de vie, les décors de Valdo Barbey étaient si beaux dans leur simplicité et les chanteurs si remarquables que le succès parut se dessiner nettement dès les premiers tableaux. 11 y avait pourtant aux

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