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RÉFLEXIONS SUR LA LITTÉRATURE 443

ses mémoires en vers sur son consulat, parce qu'ils se sont effondrés sous les huées de l'antiquité.

Toutes ces réflexions n'ont empêché de parler comme ils en valaient la peine de quatre livres pleins d'expérience et de renseignements. Je voudrais qu'on les lût, et surtout qu'on sût les lire, ce à quoi ces généralités ne nuiront peut-être pas. Si par exemple vous apprenez dans les Souvenirs de M. Dimier que Brunetière « ne fut qu'un sot » et qu'Etienne Lamy « avait l'air d'une bûche et ne valait guère plus », retenez d'abord que ces deux catholiques furent les adver- saires politiques de l'auteur sur la question du ralliement. Homo houïiui lupus, fcinina femiiur lupior, clericiis clerico hipis- sUuus, macaron Lsaient les goliards du moyen-âge. Et c'est la bonne Niande rouge dont se nourrissent de bons Mémoires. Re- tenez ensuite que tous deux sont vus d'un cabinet directorial oia étaient refusés — peut-être pour les mêmes raisons politi- ques — les articles d'art, d'ailleurs fort bons, de M. Dimier. Etienne Lamy (que j'ai connu comme un fort galant homme spirituel et gai) fit sans doute ce jour-là à M. Dimier visage de bois : c'est manière en effet d'a\'ûir l'air d'une bûche. Le plaisir qu'on éprouve à lire des mémoires passionnes (on ne séparera plus de Saint-Simon les notes de l'édition Boislile) vient en partie de ces exercices de traduction.

ALBERT THIBAUDET

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