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de pareilles fanfaronnades, ce grand capitaine doit être aux abois. Ne le laissez pas se ressaisir, et mettez à profit sa démence. La fureur est de mauvais conseil.

César. — Annoncez à mes officiers que de tant de batailles nous allons livrer la décisive. Nous comptons à présent dans nos rangs d'anciens amis d'Antoine en nombre suffisant pour s'emparer de sa personne. Je veux qu'on me l'amène prisonnier. Veillez à régaler d'abord mon armée ; nous avons des munitions en abondance, et mes hommes ont bien mérité de mes largesses. Pauvre Antoine ! Agrippa, c'est à toi d'engager l'action. Tu m'as bien compris : je veux qu'Antoine soit pris vivant. Fais-le savoir.

Agrippa. — Tu seras obéi.

(Il sort.)

César. — Le temps de la paix universelle est proche. Que ce jour nous soit seulement favorable, et sur la terre tripartite verdoiera de nouveau librement l'olivier.

(Entre un messager).

Messager. — Antoine est arrivé sur le champ de bataille.

César. — Va ; recommande à Agrippa de placer les déserteurs à l'avant-garde afin qu'Antoine épuise sur lui-même, en quelque sorte, sa fureur.

(Ils sortent.)

Enobarbus. — Alexas a trahi. Envové en Judée chargé de mission par Antoine, il a persuadé le grand Hérode de se rallier à César et d'abandonner Antoine son maître. En récompense de quoi César l'a fait pendre. Canidius et tous ceux que j'ai vu tourner bride ont obtenu de