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Appelle Enobarbus, il ne t'entendra pas ; ou, du camp de César, répondra : « Je ne suis plus des tiens. »

Antoine. — Que me dis-tu là ?

Soldat. — Il a rallié César.

Eros. — Sans emporter ni ses effets ni son argent ?

Antoine. — Est-il parti, vraiment ?

Soldat. — Rien de plus certain.

Antoine. — Va, mon Eros, occupe-toi de lui faire parvenir tout ce qu'il possède. Je veux qu'on ne lui retienne pas une obole. Ecris-lui, je signerai. Une lettre d'adieu tout affectueuse. Je souhaite qu'il n'ait jamais plus motif de changer de maître. Dis-le lui. Ma mauvaise fortune a corrompu d'honnêtes gens ! Hâtons-nous. Enobarbus !

(Ils sortent.)


SCÈNE II
(Le camp de César, devant Alexandrie.)
CÉSAR, AGRIPPA, MÉCÈNE, ENOBARBUS (ce dernier un peu à l'écart.)

César (achevant de lire une lettre). — Il me traite d'enfant. Il morigène comme s'il avait le pouvoir de me chasser d'Egypte ? Il a battu de verges mon messager. Il me provoque en combat singulier : César contre Antoine. Faisons savoir au vieux ruffian qu'il ait à faire choix d'une autre façon de mourir ; et qu'au demeurant, je me moque de ses menaces.

Mécène. — César peut penser que pour se livrer à