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TOUTES CHOSES ÉGALES d'aILLEURS... ^63

s'épuisait-elle jamais pour nous, et grâce à la science que j'avais de me soustraire aux lois pln^siques inventées par les hommes, je trouvais sans cesse en moi les ressources qui la perpétuaient. Toutes les variations que j'avais fait subir à mes amies passées devenaient superflues, où l'acte se suffisait, sans que nos fantaisies demandassent d'autres décors. Néanmoins du nœud de cette étreinte sans fin qui nous unissait nous associions le monde à nos ébats. Mais au lieu de nous explorer nous-mêmes à l'occasion d'un spectacle donné, ainsi que je l'avais fait au cours de mes aventures antérieures, nous ne portions nul intérêt à nos réactions affectives, mais nous sou- ciions de la seule ambiance où nous nous trouvions. Ainsi nous n'étions curieux que d'autrui et pas de nous- mêmes, parce que nous échangions à tout instant le meilleur de notre énergie, et que chacun donnait à l'autre l'image de son propre don. Sans jamais inter- rompre le commerce de nos corps, nos esprits s'appli- quèrent à connaître la substance réelle des choses et la conception que l'univers avait de nous. C'est dans la poursuite de ces expériences que nous apprîmes que le lion ne mange les hommes que parce qu'il les prend pour des plantes qui courent ; que nous sûmes des grandes fourmis rouges qu'elles croient à l'immortalité de l'Ame ; que nous discutâmes avec des sensitives des théories qui assimilent la lumière à des vibrations, à des émanations ; que les serpents nous enseignèrent la véri- table explication de l'hypnotisme, basée sur la grande vitesse de la lumière, l'impossibilité pour l'homme d'éva- luer des fractions infinitésimales de la durée et de l'espace, et la confusion de temps et de lieu que le

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