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27e LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

rentra chez elle, prit le thé «[ans sa chambre, s'habilla, sortit de nouveau pour se promener. Il était quatre heures. Il avait dû se lasser d'attendre. Elle prit le che- min de fer souterrain dans la direction du centre, puis un autobus qui l'amena vers Southampton Row, et comme il était déjà près de cinq heures quand elle y arriva, elle se dit qu'elle pourrait bien passer devant le Musée, seulement pour voir si par hasard il y était encore. Elle venait à peine d'entrer dans Great Russell Street, qu'elle le vit debout sur les marches du Musée.

Elle s'enfuit, et ne fut tranquille que lorsqu'elle se retrouva chez elle. Mais elle ne put s'empêcher de sou- rire en pensant qu'il l'avait attendue si longtemps en vain. Oh, c'était bien fait : lui-même il s'était mis au Musée, avec les curiosités et les antiques, et près de ces deux grandes et bizarres figures de pierre qu'on voit, de la rue, sous la colonnade ! Après cette déconvenue, il n'oserait plus se montrer. Mais sa tranquillité ne dura pas longtemps. « C'est vrai, se dit-elle soudain, il sait mon adresse ! »

Elle eut l'impression que toute retraite lui était cou- pée. Elle finirait par le voir entrer dans sa chambre, comme elle l'avait vu si souvent en imagination. Car ses premières impressions n'avaient pas été effacées par le court entretien qu'elle avait eu avec cet homme. C'était cet entretien qui lui paraissait un rêve : il avait été si rapide ; tandis que son affreux regard l'avait poursuivie pendant si longtemps. « S'il ose venir, je le fais arrêter », se dit-elle. Puis elle alla donner un tour de clé à sa porte.

Elle venait à peine de se rasseoir, qu'on frappa. Elle

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