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LE RETOUR DU SOLDAT 245'

a oublié les antiques lois modératrices — arrêtât un pul- lulement aveugle.

J'étends les bras, mais la chair de mon corps, de mon peuple, s'est amoindrie et je puis à peine embrasser mon étroit horizon.

Eh bien ! j'en appelle aux nations qui ont une taille humaine, et avec un regard armé par Athéna, je scrute plusieurs gros Empires.

Ainsi, au milieu du monde, au rnilieu des étoiles, la France ramasse sa chair usée par les armes et les plaisirs autour d'une raison inexpugnable.

Moi j'ai vingt-sept ans et je suis suspendu à ma plume. Mon culte lucide et dur est un fer chauffé à blanc. Il y a devant mes yeux une figure humaine ; hors de ses lignes délicates, j'ai peur que la vie ne s'épanche.

Ah je suis fanatiquement de ceux qui veulent que la vie continue. Mon arrière-pensée, je commence à te connaître, je t'élèverai au grand jour comme mon pre- mier né.

Peu à peu je distingue où est la pulsation essentielle,, je ne puis l'entendre qu'au cœur de mes amis, au cœur de ma patrie.

J'aurais voulu témoigner pour mes amis, pour les jeunes hommes, pour ceux qui ont combattu, pour ceux qui sont morts (je te vois tirant et mourant derrière le tas de briques. Jeune juif, comme tu donnes bien ton sang à notre patrie), pour les peintres, — bien sûr ! pas pour ceux qui savent chanter, — pour ceux qui volent, pour ceux qui ont gagné les premières batailles au rugby, pour celui qui a vaincu avec des poings dirigés par une déesse.

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