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LE RETOUR DU SOLDAT 243

consacrer à la guerre, les autres hommes, crédules, attendaient de la guerre allemande la merveille de cet âge.

Mais l'Armageddon en route vers Paris versa dans l'ornière de nos campagnes. Quel désastre humain !

Il y avait une immense foi dans le génie allemand qui sombra tout d'un coup.

Ce n'était pas la peine de renoncer à la philosophie, à la musique pour rater un coup pareil.

Et nous n'avons pas su vaincre ces gens là.

Qu'importe cette victoire du mqnde en 1918, cette victoire qui a failli, cette victoii^e qu'on a abandonnée avec honte comme une défaite, cette victoire du nombre sur le nombre, de tant d'empires sur un empire, cette victoire anonyme. On a renvoyé les Français à la charrue jouer les Cincinnatus.

Joffre, notre gros homme, n'avait attendu que cette lutte là seul à seul, entre Belfort et Nancy. Il était tranquille, tenant cruellement en main nos passions, comme Corneille. Un même sang irrigue le cerveau qui pense et l'intestin qui digère.

Seuls à seuls après une première bataille, aurions- nous eu le temps de livrer une seconde bataille qui achevât la première ?

Ceci n'est pas une vaine songerie. Marathon est tou- jours possible. Ou il n'y a pas de génie humain. Et si maintenant je suis plus grand, plus fier, ayant reconquis ma patrie dans mon esprit, c'est que je crois que la France aurait pu vaincre en une heure.

Comme il n'avait pas su vaincre seul son ennemi, ses amis méprisants ont bien fait d'interrompre un geste

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