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émonder ce champ qu'y dénoncer le mal. Au revoir. Laisse-moi pour l'instant.

Messager. — A votre noble désir.

(Il sort.)

Antoine. — Et de Sicyone, hé ! quelles nouvelles ? Parlez là-bas.

Premier Serviteur. — Le courrier de Sicyone... y en a-t-il un ?

Second Serviteur. — Il attend vos ordres.

Antoine. — Qu'on l'appelle. Ces tenaces chaînes égyptiennes, si je ne les brise aussitôt, je perds ma vie en mignardises.

(Entre un nouveau messager.)

Qu'annonces-tu ?

Second Messager. — Fulvie, ta femme, est morte.

Antoine. — Où est-elle morte ?

Second Messager. — A Sicyone. La marche de sa maladie, ainsi que d'autres choses plus sérieuses et qu'il t'importe de savoir, sont relatées ici.

(Il lui tend une lettre.)

Antoine. — Tu peux sortir.

(Le 2me messager sort.)

Un grand esprit s'en est allé ! Et j'ai souhaité cela. Ce que nos mépris ont ainsi souvent chassé loin de nous, nous voudrions ensuite le ravoir. Et le plaisir présent, suivant sa courbe déclinante, bientôt s'oppose à lui-même et se contredit. Fulvie m'est chère à présent qu'elle n'est plus. Ce bras qui la repoussait voudrait la ressaisir... Il faut que je rompe avec la magicienne. Dix mille calamités près d'éclore, pires que celles qui se sont déjà fait jour, sont couvées par mon indolence. Quoi d'autre ? Enobarbus !