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KOTES 137

par l'annaliste indiscret du G. Q. G. pour exprimer courtoi- sement la médiocrité intellectuelle de certains officiers d'Etat- major. Aucun parti pris de dénigrement n'apparaît, du reste, dans ces pages vivantes^ où l'on trouvera un grand nombre de silhouettes légèrement et finement dessinées, comme celles du lieutenant-colonel Serrigny, du général Anthoine, du général Buat. L'auteur a dressé un portrait en pied, à la Velasquez, du maréchal Pétain. C'est le personnage sympa- thique et le héros du drame, j'allais écrire, par mégarde, du roman.

Il est intéressant de noter que M. de Pierrefeu, obser- vateur et psychologue avisé, se trouve ici d'accord avec le sentiment général des combattants, pour qui Pétain fut l'incarnation du grand chef. Les motifs de cette enviable préférence sont fort bien marqués par M. de Pierrefeu.

Voici, maintenant, entre autres anecdotes lestement con- tées, un échantillon de sa manière :

« M. Mandel qui, déjà à cette époque, portait ses vues « sur la circonscription de Lesparre, affecta à la mission u française un électeur influent du vignoble. Mais celui-ci, « un rural au langage sans nuances, déclara, un jour de « franchise intempestive, que M. Mandel ne serait pas élu « à Lesparre et qu'il ne voterait pas pour lui. Le propos fut « rapporté au toi^t puissant seigneur du cabinet qui, séance « tenante, renvoya l'ingrat dans la troupe.

« Il n'eut pas tort ; l'électeur en question ne fut pas « assez influent pour le faire échouer, ce qui laisse à « supposer qu'il ne l'aurait pas été davantage pour le faire « réussir. »

Le récit de la promenade officielle des deux généraux dont personne n'ignorait l'antagonisme et qui chaque matin marchaient publiquement en se donnant le bras n'est pas moins plaisant.

A défaut de Saint-Simon, M. de Pierrefeu nous donne

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