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BEAUTÉ, MON BEAU SOUCI 95

reux sans scrupule qui la courtiserait. îl se prenait à regretter ce qu'il avait £vit, car il y avait, entre la petite fille qui lui avait donné en rougissant le mouchoir qu'elle avait brodé pour lui, et l'amoureuse qui, entre ses bras, avait défié sa mère, une distance morale déjà considérable. Et tout cela dans l'espace d'une heure à peine. Mais il n'y pouvait rien. « Bah ! » pensa-t-il, se souvenant d'autres expériences, « elle est peut-être en train de broder, en ce moment, les initiales d'un autre ! »

— Puis-je venir m'asseoir près de vous, Marc ? demanda Edith sur le pas de la porte.

— Oui, mais à condition que vous ne me parlerez pas : j'ai à travailler.

— Oh ne soyez pas si égoïste, Marc : pour si peu de temps que nous avons à être ensemble. Quand il m'arrive de penser, mon cher, que chaque jour qui passe me rapproche du jour où vous partirez, je sens mie douleur en moi.

Juillet, août et septembre avaient passé, et dans deux ou trois semaines le jour que redoutait M'" Crosland serait arrivé.

Marc y songeait sans déplaisir. Déjà il se sentait pris de la nostalgie du Continent. Tout à fait comme, après un séjour un peu long sur le Continent, il se sentait pris de la nostalgie des Iles, de la vie qu'on y mène, et sur- tout de la Ville unique, qu'il préférait même à Paris, — probablement parce qu'il la connaissait moins bien et depuis moins longtemps. Et pourtant, voici qu'au bout de six ou sept mois, il commençait à en trouver le spec- tacle monotone, et que sa ville natale, avec la blanche

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