Page:NRF 11.djvu/999

Cette page n’a pas encore été corrigée


JOURNAL DE VOYAGE (cANADa) 993

verty, ma gentille amie, est la personne que je vois le plus souvent. Elle habite à vingt minutes de mon hôtel. Je vais souvent chez elle, le soir après dîner, avec ou sans lanterne, par des chemins affreux, en pataugeant dans des mares et en enjambant des troncs renversés. Nous allons chercher du bois pour son feu parmi les débris de poutres et de planches de l'hôpital en construction, tout près de chez elle. L'autre jour, après une bourrasque, sa tente, très ébranlée, a failli tomber. Les petits scouts et leur chef d'équipe sont venus la remettre d'aplomb. Miss Maclaverty possède un terrain à quelques milles de la ville, au bord d'un lac. Elle désire le vendre et croit qu'il augmenterait de valeur, s'il était déboisé. Les arbres ne sont pas bien gros. Elle a acheté une grande scie et me convie à l'aider dans son travail de bûcheron.

D'une manière générale, il ne se trouve ici qu'une très faible proportion de gens un peu cultivés; sans doute parce que Port Alberni est une ville si jeune. On en rencontre quelquefois parmi les ouvriers, les Anglais de bonne famille se mettant facilement à n'importe quel travail, quand ils arrivent aux colonies. Miss Maclaverty a même reconnu dans un des charpentiers qui travaillent à l'hôpital un de ses voisins de campagne d'Angleterre, Les femmes sont peu nombreuses à l'hôtel ; je suis en ce moment la seule pensionnaire. Le gérant et la gouvernante sont de braves gens, qui me forcent à mettre mes bottes de caoutchouc quand il pleut et à me couvrir chaudement quand il gèle. Du reste, je ne suis guère à l'hôtel qu'aux repas, ma vie se passant sur l'eau et dans la tente de mon amie.

�� �