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906 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

Qui de nous se souvient des matins, ou le train suivait les ravines (Au dessus de la plaine déserte dans un petit nuage éclataient les obus). Et les wagons de la Croix-Rouge, brûlés de soleil, avancent lentement^

[le long de la ligne aux ponts gardés. Et les visages de nos sœurs, penchées anxieuses aux portières ?

��Qui se souvient des midis et des co7tvois a travers le marché (Pauvres corps roulés dans une couverture, sans drapeau, suivis par les

[mouches). Et le peloton d^ honneur traînant les pieds, et la poussière, et la puanteur,

[et la soif. Et le visage de nos sœurs et la gloire brillant dans leurs yeux ?

Braves attendant V issue des batailles, libres et vénérées dans les camps. Patientes, prudentes et joyeuses dans les villes assiégées, dans les villes

[infestées. Celles-ci ont tout enduré, jusqu^a V heure oîi sonna le repos. Pauvres petits corps ravagés, ah ! si légers a mettre en terre !

C.V.

��LETTRES ITALIENNES

��ŒUVRES de Carlo Dossi, 4 vol. (Ed. Trêves. Milan içK 1913)-

Voici, lancés par un grand éditeur, quatre volumes l'œuvre de Carlo Dossi. Trois sont composés de réim- pressions d'ouvrages publiés hors commerce ou publiés à tirage restreint ; un autre est un recueil de notes inédites. Désormais le Dossi n'est plus une rareté bibliographique. Le prétexte manque aux critiques pour passer sous silence un auteur que 1^

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