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LA JEUNESSE d'iBSEN 85

"Il y avait parmi nos camarades un individu assez bizarre et comique, que Ton appelait, en général, " l'astronome. " C'était un garçon dégin- gandé, à la chevelure rouge-feu, telle que je n'en ai jamais vue de pareille à aucune autre personne. Sa figure, avec des yeux drôles clignotant d'un air bonhomme, était d'une couleur à peine moins rutilante que ses cheveux, elle était comme illuminée par eux, et il portait, pour satisfaire à l'harmonie, un vêtement brun-rouge, dont la partie supérieure, en forme d'habit, ne contribuait pas peu à renforcer l'effet comique produit par l'ensem- ble du personnage. Son surnom lui était venu de ce qu'il observait et considérait avec une véritable passion la lune et les étoiles dans une petite lunette qu'il possédait, et à laquelle il tenait, on peut le dire, comme à la prunelle de ses yeux. 11 n'était pas rare que l'on vît " l'astronome " assis dans un arbre ou sur une barrière de planches, regardant, du haut de cet observatoire, la lune à travers sa lunette, et, d'un air inimitablement comique, exprimant ce résultat de ses observa- tions :... " Je ne crois tout de même pas qu'elle soit habitée. " — Il arriva ce qui arrive toujours dans une école : l'astronome, malgré toute sa bonhomie, eut quelques menues piques avec Ibsen,

effet, mis dans la tête que j'avais copié ce devoir dans quelque livre, et le dit en classe. Je repoussai son soupçon erroné avec une énergie qui ne lui plut pas. "

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