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868 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

gaire importance appelle un châtiment : ce grand homme a souvent Tair d'un Polonius, ministre de rOlympe.

Sans le moindre effort, Stendhal est un Ancien. Et non pas un Romain, mais un Grec à Rome.

Pour être juste, après avoir ri, je suis toujours plus frappé du Romain dans Goethe. L'antiquité de Gœthe est romaine. Le païen de Goethe est romain. Tout son esprit est romain, et toute sa réussite. Plus il veut être Grec, et moins il Test : mais toujours le poète lauréat de la Rome impé- riale, au temps d'Adrien. Il parle sans cesse de Phidias et de Sophocle ; mais sa muse est la solide €t froide tête de la Junon Ludovisi.

��POLITIQUE

Ceux que j'appelais naguère les tigres grossiers, il y a mille ans, plus ou moins, au temps où toute la vallée de la Seine était à feu et à sang, ces gens là eussent fait souche de grands barons.

Nos siècles sont d'une terrible hypocrisie. On n'y peut même pas devenir baron sur sa terre, par le droit du plus fort. Même pas se venger d'un ennemi, guetté pendant cent mois : même pas écraser une blatte d'auteur, qui calomnie. La ruse, second âge de la force, n'est guère plus libre.

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