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JOURNAL DE VOYAGE (cANADa) 787

dortoir pendant la nuit, et je soupçonne les nappes d'y tenir lieu de draps.

Heureusement le temps est très beau durant les quatre jours du voyage, que nous passons sur le pont, assis sur les planches et les cordages. Nous ne voyons guère l'Indienne qui reste presque tout le temps enfermée dans sa cabine. Nous suivons la côte, entrant dans tous les fjords. Je n'ai jamais vu la Norvège, mais je me figure que l'île de Vancouver doit lui ressembler.

A chaque arrêt, toute la population est là pour nous recevoir. Le bateau ne passant que deux fois par mois, c'est le grand événement. La population est composée d'Indiens, de Chinois, de quelques Japonais et de Blancs, concessionnaires de terrains ou bûcherons. Quelques jeunes ingénieurs, nouvellement arrivés d'Angleterre, font de l'arpentage et de la cartographie.

Dans ces endroits neufs, les femmes blanches sont rares. Sur le bateau, une institutrice qui va rejoindre son poste tout au nord de l'île, au cap Scott, me raconte que la personne qu'elle va remplacer avait été demandée vingt- deux fois en mariage en six mois. Elle en était devenue presque neurasthénique et avait obtenu d'être envoyée ailleurs.

Les Indiens de la Colombie britannique m'ont beau- coup déçue. Ils n'ont pas le beau type de ceux de la Prairie, mais sont petits et gros, ressemblant aux Esqui- maux et aux Japonais. Ils ont la vie facile, se nourrissant de poisson. Ils tressent des paniers très fins et fabriquent des canots à l'arrière allongé, terminés par une tête de cerf ou une tête d'oiseau sculptées. Les femmes et les petites filles portent de longues jupes de percale à volants,^

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