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780 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

disperser ; mais le lendemain n'a pas été plus beau que la veille ; un brouillard épais courait le long de la vallée, cachant les cimes neigeuses. La traversée des montagnes dure à peu prés 24 heures. On ne voit ni pâturages, ni chalets comme dans les paysages alpestres : rien que des arbres sombres et des rochers. A un moment donné, nous passons cependant prés d'un petit village nommé Edel- weiss, construit pour les guides suisses importés par le C. P. R. Mais ce village tout neuf a un air artificiel de décor de théâtre. A Glacier, trois de ces guides stationnent sur le quai de la gare. Je saute du train et engage la conversation en patois bernois. Ils ne comprennent pas un mot de ce que je leur dis, par la raison qu'ils sont Anglais. Le Dimanche matin, 6 juillet, le temps était clair pour la dernière partie du voyage et le pays traversé tout à fait beau. Je voyais la forêt vierge pour la première fois. La voie courait entre des arbres géants, de l'espèce des épicéas, les plus grands que j'aie jamais vus. Le versant ouest des Rocheuses forme un contraste absolu avec le versant est. Là il y avait vraiment trop peu d'arbres, ici il y en a presque trop; le déboisement est difficile et coûteux. Nous longeons des lacs très beaux, puis la rivière Fraser. Quoi- que ce soit dimanche, les gens travaillent sur la ligne, dans, les scieries et partout ; les ouvriers sont pour la plupart des Chinois et des Hindous en turban. A 10 heures, nous arrivons à Vancouver. La baie est vraiment splendide, laj ville assez semblable aux autres villes américaines, à ce qu'il m'a semblé. J'en ai remis la visite à un autre jour et suis aussitôt montée sur le bateau. Bordant la baie du côté sud est Stanley Park, réserve de forêt vierge, conservée telle quelle, avec le fouillis des sous-bois et des arbres géants.

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