Page:NRF 11.djvu/780

Cette page n’a pas encore été corrigée


774 ^A NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

Indien ou Blanc. Des deux côtés de la voie, d'innom- brables petites bêtes, de la famille des fouines, -sortent de leur trou et nous font des révérences.

Nous traversons des baraquements de pionniers formés de cubes en bois peints en couleurs tendres. La première bâtisse est naturellement celle du real estate man^ spécu- lateur en terrains. Une table, une chaise, une machine à écrire, voilà tout son mobilier, facilement transportable. En bien des endroits de l'Ouest, l'indiscrétion de ces individus, arrêtant les passants dans les rues pour leur proposer une affaire, est devenue si insupportable, que la police a dû intervenir. Du train, je lis sur une de ces baraques, écrit en grosses lettres : " The man who sells the Earth" (l'homme qui vend l'Univers). Avec la petite maison du real estate man^ celle du forgeron et le bar forment le commencement d'une future grande cité.

Du Saskatchewan nous passons dans l'Alberta : toujours la Prairie. Dans cette province, le gouvernement favorise une agriculture mixte : cultures variées et élevage. Le C. P. R. a installé partout des fermes toutes préparées ; le pionnier, à l'arrivée, trouve la maison construite et les semailles faites.

En traversant l'Atlantique j'avais fait la connaissance d'un jeune Ecossais Mr. Mac Phearson. Il pilotait une cinquantaine de fermiers qui allaient s'installer avec leurs familles sur des terres du duc d'Aberdeen. Celui-ci a des méthodes de colonisation analogues à celles du C. P. R.

A Calgary je revois Mr. Mac Phearson, auquel j'avais fait part de mes projets. Il me donne une lettre d'intro- duction pour une dame anglaise fixée dans le Dominion depuis dix-huit mois. Elle exploite elle-même une de ces

�� �