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JOURNAL DE VOYAGE (cANADa) 77 I

l'air d'avoir avalé leur canne. Quelques jours de gros temps, le mal de mer les ont un peu apprivoisés ; sur le pont on cause avec ses voisins de fauteuil.

Le sixième jour après avoir quitté Liverpool, nous arrivons, à l'heure du coucher du soleil, à Rimouski sur le Saint-Laurent. Ici se fait la visite douanière. Les rives de ce beau fleuve m'ont un peu déçue. On me dit qu'il faut les voir en automne quand le feuillage des érables est d'un rouge ardent.

Québec^ % juin.

Procession dans les rues en l'honneur de la Fête-Dieu. Les Canadiens français que je vois ont quelque chose d'aigu, d'indien, dans le regard ; leur langage d'un autre siècle est difficile à comprendre. Les maisons à pignon et poutres apparentes me font penser à la Normandie.

Québec est vieux, beau et fort sale. Une lettre de M™® B., femme du Consul général de France au Canada, ne m'ayant pas été remise à temps par le Commissaire de r " Empress of Ireland ", je manque le rendez-vous qu'elle me donnait en vue d'un voyage à Terre-Neuve.

Partie pour Montréal ; de là pour Toronto. Je traverse le lac Ontario et passe une journée spleenétique au Niagara, parmi une foule de touristes américains. Les chutes sont plus impressionnantes encore que je ne l'avais pensé, mais la réclame bruyante qui les entoure attriste malgré tout.

Retour à Toronto, puis voyage de trois jours sur les grands lacs pour aller à Fort William, et de là à Winni- peg. Sur le lac Huron, une infinité d'îlots boisés ; on regrette le temps des Indiens et des pirogues. Deux bonnes

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