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744 ^A NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

��Revues Allemandes.

Toutes sont pleines de noms français, de choses françaises. La génération que Ton découvre est jugée avec une faveur qu'elle ne mérite point, peut-être, dans son ensemble. Du moins Charles-Louis Philippe, Claudel, Suarès y gagnent-ils d'être lus en Allemagne aussi.

Des poètes allemands dont on a fêté le jubilé ne retenons que Dehmel. Le nombre de ses admirateurs grandit — et il 9 s'en trouve d'intelligents, tel Emil Ludwig. Celui-ci, dans la Neue Rundschau essaie de ramener à l'unité les contrastes dont est pleine l'âme de Dehmel, le dualisme du poète qui se débat " entre Dieu et Lucifer, fgo et religio, conscience et extase ".

La synthèse c'est dans l'amour qu'Emil Ludwig la veut trouver : l'amour universel, fervent, religieux, est seul capable de nous porter plus avant : " nur eine Inbrunst lUst sich treu entragen zur ganzcn Welt. "

Nous ne sommes pas très sûrs que cette ardeur dont la^ flamme court vraiment à travers l'œuvre de Dehmel ait fondi comme le pense Ludwig, tout ce qu'il eût été nécessaire d^ fondre. Il semble bien que l'exaltation de l'instinct, des puis sances dionysiennes, la volonté de faire servir à la vie la vi^ tout entière, se mêlent i trop de réflexion, de théorie, et qi d'une façon générale toute l'inspiration de Dehmel ait quel- que chose de pénible.

Sa poésie, malgré toute l'ivresse, manque de cette spontanéiti que nous promettent des poètes moins grands peut-être mai plus heureux, comme Franz Werfel dont les vers (Nfue Rund4 schûUy iVeissen Blâtter) ont, dans leur force juvénile, je ne saisi quel abandon qui attire.

Le Gérant : André Ruyters. Imp. Sainte Catherine, Quai St-Pierre, 12, Bruges (Belgique).

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