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734 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

les anciens avaient la fresque. — Des Degas magistraux, de toutes les époques, deux Roussel complets, absolus, où aucune forme n'est esquivée — c'est chose rare — où l'improvisatoin garde pourtant sa fleur ; de lyriques Monet qui, par la faute des empâtements, vieillissent mal, il faut le dire ; des dessins de Toulouse-Lautrec... voilà les merveilles nouvelles que M. Manzi nous découvre. Puvis veille sur la grande salle avec les cartons un peu froids de la décoration de Boston. Mais quelle grandeur sous l'académisme hérité, dans le camaïeu à l'huile de son Pégase ! Et je voudrais que les jeunes peintres d'aujourd'hui, en quête du trait incorrect qui serait la marque visible de leur génie, vinssent prendre une leçon de modestie devant l'esquisse à la gouache de V Inspiration Chrétienne. Celui-là travaille pour lui ; il n'a pas souci d' " épater " ; ni d'épater le public ; ni de s'épater lui-même. Son esquisse ? un ouvrage de bon écolier; on y sent une naïveté qui sait oublier la science. — Un dessin de Rodin semble toujours un dessin d'homme de génie. Homme de génie, Rodin l'est, mais aussi veut l'être. Puvis le sera, mais sans le vouloir. Voilà la nuance. Et quant à nos plus jeunes peintres, ils veulent l'être, ils feignent de l'être, etJ ne le sont en aucune façon.

H. G.

��LETTRES ALLEMANDES

��VERKUNDIGUNG (L'Annonce faite à Marie), par Pat Claudel. Traduction de Jakob Régner (Hellerauer Verlag).

Il conviendrait, si l'on n'envisageait que le détail de l'exprès-' sion, de louer M. Hegner. Il a rendu avec une intelligente

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