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686 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

plus longtemps... Excusez-moi de vous préférer la police. Allez l'avertir : je l'attends.

��VI

��Ce même jour, le train du soir amenait de Milan les Anthime ; comme ils voyageaient en troisième, ils ne virent qu'à l'arrivée la comtesse de Baraglioul et sa fille aînée qu'amenait de Paris le sleeping-car du même train.

Peu d'heures avant la dépêche de deuil, la comtesse avait reçu une lettre de son mari ; le comte y parlait éloquemment de l'abondant plaisir apporté par la rencontre inopinée de Lafcadio ; et sans doute aucune allusion n'y flottait, à cette demi-fraternité qui, d'un si scabreux attrait, ornait aux yeux de Julius le jeune homme (Julius, fidèle à l'ordre de son père ne s'en était ouvertement expliqué avec sa femme, pas plus qu'il n'avait fait avec l'autre), mais certaines allusions, certaines réticences, aver- tissaient suffisamment la comtesse ; même je ne suis pas bien sûr que Julius, à qui l'amusement manquait dans le trantran de sa vie bourgeoise, ne se fît pas un jeu de tourner autour du scandale et de s'y brûler le bout des doigts. Je ne suis pas sûr non plus que la présence à Rome de Lafcadio, l'espoir de le revoir, ne fût pas pour quelque chose, pour beaucoup, dans la décision que prit Geneviève d'accompagner là-bas sa mère.

Julius était à leur rencontre à la gare. Il les emmena rapidement au Grand Hôtel, ayant quitté presque aussitôt les Anthime qu'il devait retrouver parmi le funèbre cortège, le lendemain. Ceux-ci regagnèrent, via di Bocca di Leone, l'hôtel où ils étaient descendus à leur premier séjour.

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