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LES CAVES DU VATICAN 685

ne pas ramasser six billets de mille que le hasard jette à vos pieds, vous trouvez cela naturel ?... Monsieur de Baraglioul père vint à mourir, m*a dit Mademoiselle Venitequa, le lendemain du jour où le comte Julius, son digne fils, est venu vous faire visite ; et le soir de ce jour vous plaquiez Mademoiselle Venitequa. Depuis, vos relations avec le comte Julius sont devenues, ma foi, bien intimes ; voudriez vous m'expliquer pourquoi ?... Lafcadio, mon ami, dans le temps je vous avais connu de nombreux oncles ; votre pedigree, depuis lors, me paraît s'être un peu bien embaraglioullé !... Non ! ne vous fâchez pas ; je plaisante. Mais que voulez-vous qu'on suppose ?... à moins pourtant que vous ne deviez directe- ment à Monsieur Julius votre présente fortune ; ce qui, (permettez-moi de vous le dire) séduisant comme vous Têtes, Lafcadio, me paraîtrait sensiblement plus scanda- leux. D'une manière comme d'une autre, et quoique vous nous laissiez supposer, Lafcadio, mon ami, l'affaire est claire et votre devoir est tracé : vous ferez chanter Julius. Ne vous rebiffez pas, voyons ! Le chantage est une saine institution, nécessaire au maintien des mœurs. Eh ! quoi ! vous me quittez ?... Lafcadio s'était levé.

— Ah ! laissez-moi passer, enfin ! cria-t-il, enjambant le corps de Protos ; en travers du compartiment, étalé de l'une à l'autre des deux banquettes, celui-ci ne fit aucun geste pour le saisir. Lafcadio, étonné de ne se sentir point retenu, ouvrit la porte du couloir et, s'écar- tant :

— Je ne me sauve pas, n'ayez crainte. Vous pouvez me garder à vue ; mais tout, plutôt que de vous écouter

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