Page:NRF 11.djvu/679

Cette page n’a pas encore été corrigée


LES CAVES DU VATICAN 673

au contraire, sans vous inquiéter de ce vin. Je vous ramènerai tout à Theure si vous avez besoin qu'on vous soutienne ; mais n'ayez crainte : ce que vous en avez bu ne griserait pas un enfant.

— J'en accepte l'augure. Mais, vraiment, je ne sais comment vous... Vous ofFrirai-je un peu d'eau de Saint- Galmier ?

— Je vous remercie beaucoup ; mais permettez-moi de préférer mon Champagne.

— Ah ! vraiment, c'était du Champagne ! Et... vous allez boire tout cela ?

— Pour vous rassurer.

— Vous êtes trop aimable; mais, à votre place, je...

— Si vous mangiez un peu, interrompit Lafcadio, mangeant lui-même, et que Defouqueblize embêtait. Son attention à présent se portait sur la veuve :

Certainement une italienne. Veuve d'officier sans doute. Quelle décence dans son geste ! quelle tendresse dans son regard ! Comme son front est pur ! Que ses mains sont intelligentes ! Quelle élégance dans sa mise, pourtant si simple... Lafcadio, quand tu n'entendras plus en ton cœur les harmoniques d'un tel accord, puisse ton cœur avoir cessé de battre ! Sa fille lui ressemble ; et de quelle noblesse déjà, un peu sérieuse et même presque triste, se tempère l'excès de grâce de l'enfant ! Vers elle avec quelle sollicitude la mère se penche ! Ah ! devant de tels êtres le démo.n céderait ; pour de tels êtres, Lafcadio, ton cœur se dévouerait sans doute...

A ce moment le garçon passa changer les assiettes. Lafcadio laissa partir la sienne à demi-pleine, car ce qu'il voyait à présent l'emplissait soudain de stupeur : la veuve,

9

�� �