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662 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

posant sa canne et son chapeau auprès du flacon, sur la table, il se campa devant Lafcadio :

— Vous voulez savoir pourquoi le bandit Ta tué ?

— Je croyais que c'était sans motif. Julius alors furieusement :

— D'abord il n'y a pas de crime sans motif. On s'est dé- barrassé de lui parce qu'il détenait un secret... qu'il m'avait confié, un secret considérable ; et d'ailleurs beaucoup trop important pour lui. On avait peur de lui, comprenez- vous? Voilà... Oh! cela vous est facile de rire, à vous qui n'entendez rien aux choses de la foi. — Puis tout pâle et se redressant : — Le secret, c'est moi qui l'hérite.

— Méfiez- vous ? c'est de vous qu'ils vont avoir peur maintenant.

— Vous voyez bien qu'il faut que je prévienne aussitôt la police.

— Encore une question, dit Lafcadio, l'arrêtant de nouveau.

— Non. Laissez-moi partir. Je suis horriblement pressé. Cette surveillance continue, qui tant afiblait mon pauvre frère, vous pouvez tenir pour certain que c'est contre moi qu'ils l'exercent ; qu'ils l'exercent dès à présent. Vous ne sauriez croire combien ces gens-là sont habiles. Ces gens-là savent tout, je vous dis... Il devient plus opportun que jamais que vous alliez rechercher le corps à ma place... Surveillé comme je le suis à présent, on ne sait pas ce qui pourrait bien m'advenir. Je vous demande cela comme un service, Lafcadio, mon cher ami. — Il joignait les mains, implorait. — Je n'ai pas la tête à moi pour l'instant, mais je prendrai des informations à la questure, de manière à vous munir d'une procu-

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