Page:NRF 11.djvu/655

Cette page n’a pas encore été corrigée


LES CAVES DU VATICAN 649

— Ce n'est pas tant la valise que je regrette... mais mon castor, que j'aurais bien voulu repêcher. N'y pensons plus.

Il bourra une nouvelle pipette, l'alluma, puis plongeant la main dans la poche intérieure de l'autre veston il en sortit d'un coup une lettre d'Arnica, un carnet de l'agence Cook et une enveloppe de papier bulle qu'il ouvrit.

— Trois, quatre, cinq, six billets de mille ! N'intéresse pas les gens honnêtes.

Il remit les billets dans l'enveloppe et l'enveloppe dans la poche du veston.

Mais quand un instant après il examina le carnet Cook, Lafcadio eut un éblouissement. Sur la première feuille, le nom yulius de Baraglioul était inscrit.

— Est-ce que je deviens fou ? pensa-t-il. quel rapport Julius... billet volé ?... non pas possible ! billet prêté sans aucun doute... Diable ! diable ! J'ai peut-être fait du gâchis ; ces vieillards sont mieux ramifiés qu'on ne croit. . .

Puis, en tremblant d'interrogation il ouvrit la lettre d'Arnica. L'événement apparaissait trop étrange ; il avait peine à fixer son attention ; sans doute, il ne parvenait pas bien à démêler quelle parenté ou quels rapports entre Julius et ce vieux, mais il saisit ceci du moins : que Julius était à Rome. Aussitôt sa résolution fut prise : un urgent désir de revoir son frère l'envahit, une curiosité débridée d'assister au retentissement de cette aflPaire sur ce calme et logique esprit :

— C'est dit ! Ce soir je couche à Naples ; je dégage ma malle et demain je retourne à Rome par le premier train. Ce sera sûrement beaucoup moins sage, mais peut- être un peu plus amusant.

�� �