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AETERNAE MEMORIAE PATRIS 595

Ou touchée comme d'un coup sec du doigt de Dieu sur ma cendre,

Elle ressuscite ! Et dégaine ! Et me transperce du coup mortel sorti de l'invisible bataille intérieure,

Aussi fort que la catastrophe crève le tunnel.

Aussi lourd que la lame de fond se pétrit d'une mer étale.

Aussi sec que le volcan fend sa grenade lumi- neuse !

Je t'aurai donc laissé partir sans rien te rendre De tout ce que tu m'avais mis de toi, dans le cœur !

Et je t'avais lassé de moi, et tu m'as quitté. Et il a bien fallu cette nuit d'été pour que je comprenne...

Pitié ! Moi qui voulais... Je n'ai pas su... Par- don, à genoux, pardon !

Que je m'écroule enfin, pauvre ossuaire qui s'éboule, oh pauvre sac d'outils dont la vie se débarrasse dans un coin...

Ah, je vous vois mes aimés. Je te vois. Je te verrai toujours étendu sur ton lit.

Juste et pur devant le Maître, comme au temps de ta jeunesse,

Avec ton sourire mystérieux, contraint, à jamais fixé, fier de ton secret, relevé de tout ton labeur,

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