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SÉJOUR DE STENDHAL A BRUNSWICK 587

A quatre heures moins un quart, j'ai dîné avec du mouton grillé, des pommes de terre frites et de la salade. Les deux premiers plats viennent de chez Janaux et sont payés 6 bongcrs pièce (18 sous).

Après dîner, Johnson. Je monte à cheval à six heures et rentre à sept heures un quart. Je passe devant la fille du cordonnier qui sourit et rentre. Toute ma journée d'hier a été animée et heureuse du rendez-vous qu'elle m'avait donné et qui a été très original. J'ai ensuite à neuf heures rencontré Charlotte, et nous avons promené ensemble au clair de la lune. Mais la jolie petite fille que je quittais m'avait glacé pour cette beauté de vingt-cinq ans et demi qui en paraît trente-deux.

En rentrant aujourd'hui, à sept heures un quart, j'ai pris du thé : trois tasses, pour m'amuser ce soir avec mon esprit. J'ai lu jusqu'à huit heures et je finis d'écrire ceci à huit heures trente-cinq minutes.

J'ai vu les premiers bourgeons le 1 5 avril * et la nature en plein réveil le 26 avril. Il manque une pluie chaude au bonheur des plantes et à celui de mes nerfs.

4 mai, après avoir lu Tom Jones.

Les idées de propriété et de danger sont rappelées (soit pour elles-mêmes, soit pour en peindre d'autres), sont rappelées beaucoup plus souvent dans un volume anglais quelconque que dans un volume français sur un sujet analogue ^.

^ Je fais du feu le 22 septembre 1808. (Note de Stendhal.) ^ Très vrai. (Note écrite au crayon, sans doute en 18 15, par Stendhal.)

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