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SÉJOUR DE STENDHAL A BRUNSWICK 567

Teutonique. Il est bon par philosophie, et je crois aussi par tendresse de cœur; et, par calcul, il vante tout le monde avec un air de franchise et en parlant à eux et d'eux, ce qui fait que tout le monde en est enchanté. Aime beaucoup madame de Marenholtz, sa fille, coquette par excellence, qui captive entièrement Brichard.

Père d'un sauvage sans esprit, véritable militaire, exces- sivement fort, fait pour dégoûter un homme qui pense du métier des armes. Ce fils, nommé Ferdinand, ne vou- lait pas que Bri[chard] et moi l'appelassions ainsi.

Père de mademoiselle Caroline de Bothmer, l'amante de M. de Haugw^itz, qui s'est tué. Sa touchante histoire. Son cœur n'est plus qu'un monceau de cendres ; un peu de vanité les anime de temps en temps.

M. de Bothmer n'a d'idées grandes et arrêtées sur rien. C'est une petite philosophie médiocre et aimable. Jacob- sohn, au contraire, est vraiment l'homme d'ici qui a le plus d'esprit. Personne n'en douterait s'il savait le français seulement passablement.

17 [janvier].

Dîné chez le général Rivaud, commandant la division.

Un peu incommodé d'éblouissements depuis trois jours ; M. Hacur, médecin raisonnable.

Martial est toujours à Cassel avec son frère, moi ici, faisant quelquefois des châteaux en Espagne et me voyant commissaire des guerres dans trois mois et, qui plus est, suivant M. Z. ' en Portugal ou en Grèce. Je serais

^ Stendhal désigne très fréquemment Pierre Daru par cette initiale.

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