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5^2 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

vâmes le froid et un vent d'une violence telle que je n'en ai jamais senti de pareil ; il avait des redoublements moins sensibles que dans les plaines.

J'étais anéanti. Après avoir pris du rhum, de la bière et du thé, nous fîmes le tour de la maison et montâmes sur la tour. Voici un croquis de la maison \ J'ai un peu exagéré la courbure du sommet, ainsi que la hauteur du paratonnerre. A neuf heures, Strombeck et moi étions en A. Le vent me semblait chaud à force de violence, il nous semblait entendre quarante ou cinquante tambours battant continuellement.Notre vue s'étendait à un quart de lieue à peu près, tous les gouffres qui nous environnaient étaient remplis de nuages.

Nous fîmes un souper très passable pour le lieu. Les chambres sont propres ; sans la canaille de Gcettingue et de Helmstedt, qui y abonde et qui brise tout, — ce sont des étudiants pour la plupart, — le comte ferait arranger des chambres beaucoup plus propres. L'hôte qu'il y tient y est depuis cinq ou six ans ; trois de ses enfants sont nés dans ce bout du monde ; il est séparé du reste de la terre pendant trois mois ; il nous dit que ses enfants étaient baptisés au retour de la belle saison.

Il nous montra de petits in-quarto dans lesquels chaque étranger met ordinairement son nom et une platitude sur le Brocken en forme de sentence. Ordinairement, on admire, sans orthographe, la puissance de Dieu qui a tiré le Brocken du néant. Le volume qui précède celui où

^ Suit ce croquis de la maison, orientée vers Test. La cour- bure dont parle Stendhal est peu accentuée sur le dessin. Le point A est au sommet de la tour, bâtie au centre du pavillon central. Le paratonnerre s*élève au centre de cette tour.

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