Page:NRF 11.djvu/50

Cette page n’a pas encore été corrigée


44 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

— J'espère que tu ne vas pas te faire du mauvais sang.

— Je prends la chos'î très froidement, tu le vois bien, reprit aussitôt Julius. Mais ce n'est tout de même pas à mon père, je trouve, qu'il appartient de parler ainsi ; à mon père moins qu'à tout autre ; et précisément à propos de ce livre, qui n'est, à proprement parler, qu'un monument en son honneur.

N'était-ce pas, précisément, en effet, la carrière si représentative du vieux diplomate que Julius avait retracée dans ce livre ? En regard des turbulences romantiques, n'y avait-il pas magnifié la digne, calme, classique, à la fois politique et familiale existence de Juste-Agénor ?

— Tu n'as heureusement pas écrit ce livre pour qu'il t'en sache gré.

— Il me fait entendre que j'ai écrit VAir des cimes pour entrer à l'Académie.

— Et quand cela serait ! Et quand tu entrerais à l'Académie pour avoir écrit un beau livre ! puis sur un ton de pitié : — Enfin ! espérons que les journaux et les revues sauront l'instruire.

Julius éclata :

— Les journaux ! parlons-en ! . . . les revues ! ! et furieusement, vers Marguerite, comme s'il y allait de sa faute, avec un rire amer : — On m'éreinte de toutes parts.

Du coup Marguerite se réveilla complètement.

— Tu as reçu beaucoup de critiques ? demanda-t-elie avec sollicitude.

— Et des éloges, d'une émouvante hypocrisie.

— Comme tu faisais bien de les mépriser, ces journa-

�� �