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4^8 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

nous doit prendre à elle, pour nous payer céleste- ment d'avoir ajouté à la vie la douleur de la con- naissance et la force de la porter : car la douleur, la connaissance et la force sont amour.

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��Plus atroce est le temps où nous sommes enchaînés, plus l'ardeur est nôtre de dominer sur lui, et de nous rendre libres. Mes peines, mes chères filles, nous sommes arrivés. Ici enfin que vous êtes belles !

Je veux donc aimer tout ce qui m'exerce ; et ce qui me force à le haïr, je veux du moins le pos- séder.

L'horreur que j'y découvre me doit être un aiguillon à sortir du tumulte et de la foule. Je ne vois plus d'autre crime que la confusion et le chaos.

Plus affreux est le temps, plus riche en outrages et en injures, plus je m'en console par le parti que j*ai pris de contempler ce qui m'offense, et d'ob- server tous les mouvements de cette guerre, fût ce même ma ruine. J'espère chaque jour davantage ne plus rien condamner, pas même les objets de mon dégoût ; mais je voudrais que ma lumière les brûle et qu'elle fût à eux mêmes un éclair qui les juge, sans qu'ils pussent se soustraire au jugement ni seulement s'en douter. Tels des sourds, qui

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