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��CHRONIQUE DE CAERDAL

��ARDENTE SERENITE 1

LE PAYSAGE SUR LA HAUTEUR

Comme une flamme qui monte et qui brûle d'un aliment invisible, dans un air igné, il ny a plus de fumée : tout le bas nuage s'est dissipé, et semble rentré sous terre. Les cendres même ont disparu. Si les premiers tisons sont encore là, ils n'ont plus de noirceur ni de désordre : ils font sur le sol, et de toute la montagne, un bûcher de roses et de fraises dorées.

Or, là haut, le feu pur, sans bruit, sans mouve- ment, est suspendu dans la solitude éclatante. Tels les astres dans l'espace. C'est une lumière qui a toute la chaleur du foyer, et qui n'en connaît plus les impuretés. La fleur est toujours pure. Cette clarté est la fleur du feu sur la cîme. Elle semble éternelle, et se sent l'être.

Ardente sérénité, qui n'as rien perdu des pas-

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