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430 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

Mais si le Pur-Fol était encore un Siegfried, si nous retrouvions dans les poèmes et la musique de Pariifal^ maintes parentés avec les héros du B^ing^ si Wagner restait Wagner, le vieux Monsieur avait voulu, lui aussi, comme tous les grands musiciens, faire son œuvre religieuse. Je ne crois pas qu'il fût religieux, et s'il le devint, ce fut à cause de Parsîfal et par habitude de pensée prise en composant Parsifal.

Or, ce mysticisme, à l'heure présente, au moment où l'on nous assure qu'il y a une recrudescence du sentiment religieux, il était intéressant de savoir comment il agirait sur les jeunes gens.

J'épargnerai au lecteur les détails de mon enquête. Elle se prolongea.

Je me rappelle l'affectation que mit X célèbre com- positeur, jeune encore aujourd'hui, (quand, désirant lire un peu de musique à quatre mains, je m'adressai à lui, sur la recommandation de Gabriel Fauré), je me rappelle son insistance à me faire promettre que nous négligerions Wagner et Beethoven. — On était tout à Mozart, quand Pelléas et Mélhande^ qui venait de paraître, commençait de nous ramener par les souterrains à Gounod, par le transsibérien, vers V Art français. Nous fûmes fiers de notre école, avant que les russes, et Moussorgski surtout, ne nous devinssent trop familiers. Pendant une période d'où nous sortons à peine, Wagner fut négligé, par d'au- cuns même honni, et c'était là une réaction si naturelle, si conforme aux exemples de l'histoire, que l'on ne s'en étonnait pas. Nous le connaissions trop, nous ne pouvions l'écouter, ni au théâtre, ni au concert.

" La musique de Wagner, si on lui retire la protection

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