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LES CAVES DU VATICAN 299

ce vulgaire maraîcher soit un de ceux, lui aussi, dont nous devions nous défier ?

— Monsieur, je ne le saurais affirmer ; mais je le suppose. Les alentours de ce château sont particulièrement surveillés ; des agents d'une police spéciale sans cesse y rôdent. Pour ne point éveiller les soupçons, ils se présen- tent sous les revêtements les plus divers. Ces gens sont si habiles, si habiles ! et nous si crédules, si naturellement confiants ! Mais si je vous disais. Monsieur, que j'ai failli tout compromettre en ne me défiant pas d'un facchino sans apparence, à qui j'ai simplement, le soir de mon arrivée, laissé porter mon modeste bagage, de la gare au logement où je suis descendu ! Il parlait français, et bien que je parle l'italien couramment depuis mon enfance... vous auriez éprouvé sans doute vous-même cette émotion, contre laquelle je n'ai pas su me défendre, en entendant sur terre étrangère parler ma langue maternelle... Eh bien ! ce facchino...

— Il en était ?

— Il en était. J'ai pu, à peu prés, m'en convaincre. Heureusement, je n'avais que très peu parlé.

— Vous me faites trembler, dit Fleurissoire ; moi aussi, le soir de mon arrivée, c'est-à-dire hier soir, je suis tombé entre les mains d'un guide à qui j'ai confié ma valise et qui parlait français.

— Juste ciel ! fit le curé plein d'épouvante ; avait-il nom peut-être : Baptistin ?

— Baptistin : c'est lui ! gémit Amédée qui sentit ses genoux fléchir.

— Malheureux ! que lui avez- vous dit ? — Le curé lui pressait le bras.

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