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LES CAVES DU VATICAN 273

quelques légumes, ordinaire de leurs repas. Un hideux réflecteur de métal renvoyait blafard le jour étroit d'une courette ; Julius, gardant à la main son chapeau plutôt que de le poser sur la douteuse toile cirée qui recouvrait une table ovale, et restant debout par horreur de la molesquine, saisit le bras d'Anthime et s'écria :

— Vous ne pouvez rester ici, mon pauvre ami.

— De quoi me plaignez-vous ? dit Anthime. Au bruit des voix Véronique était accourue :

— Croiriez-vous, mon cher Julius, qu'il ne trouve rien d'autre à dire, devant les passe-droits et les abus de confiance dont vous nous voyez victimes.

— Qui vous a fait partir pour Milan ?

— Le père Anselme ; de toute façon nous ne pouvions garder l'appartement in Lucina.

— Qu'en avions-nous besoin ? dit Anthime.

— Là n'est point la question. Le père Anselme vous promettait compensation. A-t-il connu votre misère ?

— Il feint de l'ignorer, dit Véronique.

— Il faut vous plaindre à l'Evêque de Tarbes.

— C'est ce qu'Anthime a fait.

— Qu'a-t-il dit ?

— C'est un excellent homme ; il m'a vivement encou- igé dans ma foi.

— Mais depuis que vous êtes ici, n'en avez-vous appelé personne ?

— J'ai failli voir le cardinal Pazzi qui m'avait marqué l'attention, et à qui j'avais récemment écrit ; il a bien îé par Milan, mais il m'a fait dire par son valet...

— Qu'une crise de goutte regrettait de le tenir à la lambre, interrompit Véronique.

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