Page:NRF 11.djvu/231

Cette page n’a pas encore été corrigée


LES CAVES DU VATICAN 22 5

— Vous êtes très fâché ?

— Si j'étais encore fâché, je ne vous en parlerais pas. Excusez le ton que j'ai pris tout à l'heure en entrant, continua Lafcadio résolu à pousser sa pointe. Tout de même je voudrais bien savoir si vous avez également lu un bout de lettre qui se trouvait dans le carnet ?

Julius n'avait point lu le bout de lettre, pour la raison qu'il ne l'avait point trouvé ; mais il en profita pour pro- tester de sa discrétion. Lafcadio s'amusait de lui et s'amu- sait à le laisser paraître.

— J'ai pris déjà quelque peu de revanche sur votre dernier livre, hier.

— Il n'est guère fait pour vous intéresser, se hâta de dire Julius.

— Oh ! je ne l'ai pas lu tout entier. Il faut que je vous avoue que je n'ai pas grand goût pour la lecture. En vérité je n'ai jamais pris de plaisir qu'à Robinson,.. Si, Aladdin encore... A vos yeux, me voici bien disqualifié.

Julius leva la main doucement :

— Simplement je vous plains : vous vous privez de grandes joies.

— J'en connais d'autres.

— Qui ne sont peut-être pas d'aussi bonne qualité.

— Soyez-en sûr ! — Et Lafcadio riait avec passable- ment d'impertinence.

— Ce dont vous souffrirez un jour, reprit Julius un peu chatouillé par la gouaille.

— Quand il sera trop tard, acheva sentencieusement Lafcadio ; puis brusquement : — Cela vous amuse beau- coup, d'écrire ?

Julius se redressa :

�� �