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LES REVUES

��Revues Françaises :

Nous extrayons quelques citations, des Lettres inédites de Courbet a M. Alfred Bruyas, publiées par L'Olivier, revue de Nice (N° 8). Elles confirment l'opinion que nous nous faisions de ce grand caractère :

J'ai fait dans ma vie bien des portraits de moi, au fur et à mesure que je changeais de situation d'esprit, j'ai écrit ma vie en un mot. Le troisième avant-dernier était le portrait d'un homme râlant et mourant : l' avant-dernier était le portrait d'un homme dans l'idéal et l'amour absolu à la manière de Goethe, Georges Sand, etc., enfin est arrivé celui-ci ; il m'en reste un à faire, c'est l'homme assuré dans son principe, c'est l'homme libre. J'oubliais le portrait en photographie de l'histoire Sylvestre qui est conséquent avec le tableau des Baigneuses qui représente une phase curieuse dans ma vie, c'est l'ironie, c'est l'homme qui arrive contre vent et marée.

Oui, mon cher ami, j'espère dans ma vie réaliser un miracle unique, j'espère vivre de mon art pendant toute ma vie, sans m'ètre jamais éloigné d'une ligne de mes principes, sans jamais avoir menti un seul instant à ma conscience ; sans même avoir jamais fait de la peinture large comme la main pour faire plaisir à qui que ce soit ni pour être vendue. J'ai toujours dit à mes amis (qui s'épouvantaient de ma vaillance et qui craignaient pour moi-même) : Ne craignez rien, devrais-je parcourir le monde entier, je suis sûr de trouver des hommes qui me comprendront ; n'en trouverais-je que cinq ou six, ils me feront vivre, ils me trouveront. J'ai raison — j'ai raison, je vous ai rencontré, c'était inévitable, car ce n'est pas nous qui nous sommes rencontrés, ce sont nos solutions.

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